Dimanche 30 janvier 2011 7 30 /01 /Jan /2011 15:45

 

Tout droit sorti de l’imaginaire collectif, cet animal mystique qu’est le dragon a durant longtemps fait flamber l’imagination des hommes. Le dragon qui vole entre mythe et réalité a traversé les temps et craché aussi bien les flammes de l’enfer incarnant le mal pour les uns que de l’eau symbole de vie et de force pour les autres.

 

Dans la symbolique chrétienne, le dragon, attribut du mal est l’incarnation de Lucifer. C’est pour cela que le dragon crache des flammes, tout droit sorties du brasier de Satan. Cet être violent symbolise le désordre qui doit être maitrisé par la force et la discipline de l’homme. Quel petit garçon n’a jamais rêvé de libérer la princesse des griffes de l’horrible dragon?

 

Le peintre italien Paolo Uccello né en 1397, et mort en 1475 a peint plusieurs toiles représentant «Saint Georges terrassant le dragon» dont la plus ancienne se trouve au musée Jacquemard André à Paris. Le peintre était particulièrement intéressé et fasciné par les perspectives et passait beaucoup de temps à travailler les points de fuite. Dans cette toile, on peut admirer le travail de perspective effectué dans cette scène. On apprécie ainsi le chemin qui mène à la porte de l’enceinte au mur blanc qui se situe sur le fond de la composition. On note également à quel point l’utilisation de la perspective, notamment dans sa manière de peindre les champs au second plan, nous aide à prendre la pleine mesure de la distance qui sépare les protagonistes du premier plan de ceux de l’arrière plan.

 

Au premier plan, un chevalier et une princesse (le féminin et le masculin) sont représentés aux prises avec un monstre ici incarné par un dragon. St George, le martyr chrétien chevauche un étalon blanc qui incarne ici la force positive et la vitalité, la couleur blanche de l’animal souvent apparenté au sacré vient ainsi attribuer à St Georges une dimension divine. Ce dernier terrasse de sa lance la bête symbolisant le mal et libère ainsi la princesse des griffes du dragon.

 

On peut également porter notre attention sur la posture passive et méditative de la princesse qui donne ici une dimension spirituelle à la scène en opposition avec la vitalité, l'action et la force physique incarnées par St Georges.

 

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Dans la tradition asiatique, le dragon révèle une tout autre signification. Dans la conception chinoise (yin et yang), le dragon représente surtout le yang. Le «yang» est associé au soleil, à la chaleur, au masculin et au positif. Il apparait souvent comme motif décoratif et chasse les démons. Apparenté aux démons en occident, le dragon a vocation à les chasser dans la tradition asiatique.

 

Il a également un côté «yin», puisque il est en relation avec les eaux dans lesquelles il se retire. Il est donc associé à l’eau en opposition avec le feu qu’il crache dans l’imaginaire occidental.

Le dragon chinois en tant que symbole du pouvoir était souvent représenté sur les tenues des généraux, mais seul l’empereur avait les 9 dragons représentés sur sa tenue incarnant ainsi le pouvoir harmonieux suprême.

 

Le dragon représenté ci-dessous est une gravure sur bois chinoise de l’école chinoise datant du 19ème siècle.

 

Il est important de noter que dans la tradition chinoise, la force symbolique du dragon se suffisant à elle même, les nombreuses représentations de dragons sont la plupart du temps exécutées en dehors de tout environnement.

 

 

drag chinois 1 

 

Les symboles et mythes sont intemporels et traversent les âges. C'est ainsi qu'en fonction des cultures et des représentations, il n'est pas rare de retrouver les mêmes utilisations symboliques.

  

Le film américain "Donjons et Dragons" de Courtney Solomon sorti en 2000 met en scéne le mal incarné par un dragon noir chargé de détruire le royaume d'Ismir et ses habitants. Ce théme reprend la symbolique traditionnelle du dragon en occident incarnant le mal.

 

donjons-dragons-1.jpg

 

Dans le célèbre manga japonais "Dragon Ball", l'un des personnages emblématiques n'est autre que "Shenron", le dragon sacré capable d'exaucer les souhaits de celui qui l'invoque.

 

"Shenron" a des bois de cerf sur la tête, des dents pointues, une peau verte écailleuse, les yeux rouges, un long corps de serpent et un long museau. Il a les mêmes attributs que les dragons bienveillants et sacrés dans les mythologies orientales.

 

 

 

 

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Le dragon, entre les flammes d'occident et les eaux d'orient, n'en a pas fini de faire parti du paysage iconographique des deux cultures et ainsi entretenir son immense mythe.

 

Par Romain - Publié dans : Art - Communauté : blog culture
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Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 22:42

 

Parce que l’Art nous raconte l’Histoire, nous allons nous plonger dans le rêve américain et toucher l’envers du décor de celui-ci à travers l’actualité artistique du moment.

Le centre Pompidou, courant 2010, proposait une exposition intitulée « Dreamland » (pays du rêve). L’exposition portait le nom d’un parc d’attraction américain qui vit le jour en 1904. On y découvrait notamment l’évolution du paysage urbain et l’origine de ses modifications inspirées de parcs d’attractions et d’expositions universelles. Cette notion de rêve, incarnée par les parcs d’attractions et expositions universelles, s’est peu à peu immiscée dans la réalité des gens en s’invitant dans nos lieux de vie de prédilection, à nous les humains : les villes.

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Alors que nous pouvons lire sur les billets d’un dollar « In God we trust », Las Vegas qui symbolise à merveille la ville « attraction », est appelée la ville du vice. Elle est un lieu où les concepts de spiritualité et religion n’ont pas leurs entrées, la morale est l’ennemi de la ville. Les casinos poussent comme les églises poussaient au moyen âge. L’idée de jeu d’argent derrière ces édifices aussi magiques qu’illusoires que sont les casinos, font penser que l’argent et la vie sont faciles et que, par conséquent, aussi bien l’un que l’autre n’ont plus de valeur. Quoi de plus symbolique qu’une machine à sous pour incarner l’illusion que l’argent fait le bonheur, et que celui-ci est facile à obtenir ? Véritable distributeur automatique de bonheur en barre dans un monde où le matériel devient finalité, le Casino connait un succès incroyable à Las Vegas, qui détourne symboles et valeurs morales pour créer un lieu aussi magique qu’irrationnel.

Las Vegas, produit d’une Amérique aux ambitions sans limites, va plus loin dans l’illusion. Ville née en plein cœur du néant, elle pille les identités culturelles des pays qui composent la planète pour se créer une identité hybride et joue ainsi avec les repères culturels.  C’est de ce copier-coller que naitra cet espace à la frontière du réel ou l’on peut voir la tour Eiffel côtoyer les pyramides d’Egypte. L’Amérique et sa folie des grandeurs parvient  à créer du grandiose à partir de rien. Tel un mirage, Las Vegas incarnant ce rêve américain prend forme au milieu d’un désert.

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Cette idée de rêve américain ou l’on peut partir de rien et atteindre les sommets, est aussi incarné par le destin du jeune peintre prodige, Jean Michel Basquiat à qui le musée d’Art Moderne de Paris rend un bel hommage. Jean-Michel Basquiat, né en 1960 à New York d’un père haïtien et d’une mère portoricaine, marqua l’histoire de l’Art en l’espace de huit ans. Tel un grand roi, il fût couronné de gloire de son vivant et grava de son génie le marbre de l’Histoire, au moins celui de l’Art.

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Il  fut rapidement propulsé au rang des grands artistes de son époque après avoir, durant un temps, tagué les murs de la ville et vendu des cartes postales issues de sa création. Celui là même qui, à ses débuts, vécu dans la rue avec presque rien se retrouva sur le devant de la scène artistique en un rien de temps. Véritable produit de son époque, il était très influencé par la TV, la publicité, les bandes dessinés  et l’univers de consommation, omniprésents au sortir des trente glorieuses qui l’ont vu naitre et grandir.

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Basquiat, génie de la peinture et prophète de son temps, alors devenu très riche, véritable étoile filante dans l’histoire de l’Art, mourut d’une overdose à l’âge de 27 ans. Après être passé de l’ombre à la lumière et de la lumière à l’obscurité le temps d’une courte vie,  il continue d’illuminer le monde de l’Art grâce à ses œuvres incroyablement mystérieuses et profondes. Son œuvre intemporelle continuera pendant longtemps d’illustrer le grand, doux et parfois cruel rêve américain.

Ce formidable terrain de jeu que propose l’Amérique à ses citoyens permet des libertés, telles que chacun peut monter dans ce formidable ascenseur qu’est le rêve américain, et ainsi rejoindre des cieux aussi hauts et vertigineux que le sont les ambitions de ce pays, mais qui a également sa part de noirceur et ses effets pervers.

Ce sont certaines dérives de cette société de tous les paradoxes qui sont mises en avant à travers l’exposition sur Larry Clark, qui se tient en ce moment même au musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Larry Clark, né le 19 janvier 1943 à Tulsa aux Etats-Unis, est photographe et réalisateur.

Ses séries de photos mettent en évidence cette perte de repère de la jeunesse américaine et les dérives que cela engendre.

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Dans un univers de grande liberté où les limites ne sont plus, on y voit notamment le quotidien de jeunes américains en perte d’identité qui, dans une société de tout les possibles, testent leurs limites en expérimentant notamment drogues et armes à feu. Dans un monde où tout est devenu possible et réalisable, la jeunesse  se perd dans  l’immense étendue de ses libertés et plonge dans le désarroi que les Etats-Unis, leur propre père, se refuse à voir.

 

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Le rêve américain tel un mirage que tout le monde désire attraper, véritable moteur de ce pays que sont les Etats unis, pose les bases d’une nation qui tend à assurer la liberté de ses citoyens où chacun est maitre de ses rêves et de son destin. Et parce qu’il n’y a pas de rêves sans désillusions, pas de libertés sans excès,  l’Amérique paye chaque jour à travers ses dérives, la rançon de sa gloire.

Pour une analyse complète:

de l'exposition "Basquiat": basquiat 1

 

de l'exposition "Dreamland": lexpo-semaine-dreamlands-parcs-dattractions-c-L-1

Par Romain - Publié dans : Art - Communauté : Promenade à Paris.
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Lundi 1 novembre 2010 1 01 /11 /Nov /2010 16:49

 

Jean-Michel Basquiat né en 1960 à New York, d’un père haïtien et d’une mère portoricaine, marqua l’histoire de l’Art en l’espace de 8 ans. Tel un grand roi, il fût couronné de gloire de son vivant et grava de son génie le marbre de l’histoire.

basquiat-1.jpg

Il  fût rapidement propulsé au rang des grands artistes de son époque après avoir, durant un temps, tagué les murs de la ville et vendu des cartes postales issues de sa création.

Son style fit l’effet d’un big bang dans la galaxie artistique de l’époque où le trou noir du minimalisme était de rigueur.

Basquiat ne se contenta pas de l’héritage des générations précédentes dans l’élaboration de ses œuvres. Il formata  les conventions en matière d’Art et fit un voyage dans le temps, jusqu’à la genèse de l’Humanité.

Son style est d’abord primitif. Il commence par un art pariétal en taguant les murs de la ville à l’instar des  premiers homo-sapiens qui peignaient sur les parois des cavernes.  Il attache également beaucoup d’importance aux symboles et aux représentations, tout comme les hommes des cavernes durant le paléolithique. Les sujets étaient peints par des traits simples hors de leur environnement, hors de leur contexte, comme si seul la symbolique comptait.

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Scène de chasse paléolithique

On retrouve également dans son style une dimension archéologique. En effet, le peintre complète souvent ses compositions en mélangeant des textes  et symboles à ses peintures, tout comme dans l’Egypte Antique. Il s’adonne à la superposition des matières, figures, symboles et textes. Avec Basquiat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber derrière la dernière couche de peinture.

Certaines de ses œuvres peuvent êtres vues comme des rébus. Elles ont une dimension absolument mystérieuse, voir magique. Il entretient effectivement le mystère en regroupant figures, symboles et textes de divers horizons culturels et historiques. Il joue sur les représentations pour créer un univers mystique et intemporel.

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Egypte antique

Il y a dans son art toute l’impulsivité du style expressionniste d’un Van Gogh et souvent l’angoisse très présente, comme dans les représentations des figures humaines de l’expressionnisme allemand ou encore chez Munch (ex : le cri).

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Le Cri, Edvard Munch

Ses toiles sont généralement très colorées, voir bariolées de couleurs vives qu’il utilise en cassant les codes chromatiques comme le faisaient les fauvistes, et il déforme les sujets, parfois de façon excessive, à la manière d’un Picasso.

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La femme qui pleure, Pablo Picasso

Bref, il se révolte contre les conventions  en matière d’Art,  en mettant au placard les concepts de perspective, plasticité, composition pyramidale, drapé et clair obscur et passe en revue l’histoire des arts pour mieux s’en inspirer à sa guise.

L’artiste s’inspire aussi beaucoup de l’air de son temps en imprimant un style très urbain à ses créations en les arborant de buildings, voitures et autres attributs qui font référence à la ville. Il est également très influencé par la TV, la publicité, les bandes dessinés  et l’univers de consommation omniprésent au sortir des trente glorieuses qui l’ont vu naitre et grandir. Il travailla d’ailleurs avec Andy Warhol.

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Il dépeint également dans ses œuvres une réalité sociale, notamment sur la condition des noirs dans l’histoire et à son époque, tout comme le faisaient les peintres réalistes, avec pour chef de file Jean François Millet qui travaillait à représenter la condition d’une certaine couche sociale de son époque.

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Dans une ville où la richesse côtoie la violence, la pauvreté et les discriminations, le jeune peintre s’en inspire pour mieux retranscrire dans ses toiles une réalité souvent difficile. Il aime également à transcender la gloire et la réussite de grands musiciens ou sportifs noirs tel Cassius Clay (Mohammed Ali) dont il se fait l’ambassadeur.

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Les dernières créations de l’artistes sont quasiment prophétiques, puisque la mort y est omniprésente. Elle se lit à travers les représentations de squelettes, les pattes de corbeaux (symbolisant la solitude et la mort), le sang et les répétitions de phrases telles que "man dies". Autant de présages d’une fin toute proche. Cette toile angoissante n'est pas sans rappeler la dramaturgie de la dernière toile de Van Gogh avant que la mort et ses messagers (les corbeaux) viennent le chercher.

Jean-michel Basquiat meurt en 1988 à l'âge de 27 ans.

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Champ de blé aux corbeaux, Vincent Van Gogh

Basquiat, à la fois génie et prophète de son temps, véritable étoile filante dans l’histoire de l’Art, continue d’illuminer le monde de l’Art grâce à ses œuvres incroyablement belles et profondes, qui continueront probablement d’irradier les générations futures pendant longtemps.

 

Par Romain - Publié dans : Peinture - Communauté : l'assommoir de l'art
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Mercredi 20 octobre 2010 3 20 /10 /Oct /2010 22:50

L’artiste Niçois Arman (1928-2005) a marqué l’Histoire de l’Art du XX eme siècle. Celui qui choisit son prénom pour signer ses œuvres, en hommage à Van Gogh qui signait les siennes de son prénom « Vincent »,  est actuellement à l’affiche du Centre Pompidou qui rend hommage à l’artiste à travers une rétrospective de grande qualité.

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D'inspiration  dadaïste,  Arman dans sa jeunesse fréquente plusieurs jeunes artistes, et notamment Yves Klein. Son approche de l’Art est à la fois philosophique et spirituelle.  Il fait partie des artistes qui peuvent être associés à ce glissement qui s’opéra dans l’Art d’après guerre entre l’Art Moderne et l’Art Contemporain. Ce dernier, sous l’impulsion de différents mouvements artistiques dont le dadaïsme, se veut être une rupture avec la tradition et les conventions dans l’Art. Désormais l’esthétisme n’est plus forcément au centre de l’œuvre.

Arman réalise plusieurs œuvres dans lesquelles apparaissent des traces de tampons; tampons à l’aide desquels il applique la peinture sur la toile. Il marque ici une rupture avec l’outil traditionnellement utilisé en peinture qu’est le pinceau. 

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L’objet, après avoir servi à l’artiste à peindre, est peu à peu intégré dans ses toiles en tant que matière. Les objets, qui servaient habituellement de modèles pour la peinture, se retrouvent directement intégrés dans les oeuvres d'Arman. Ce procédé crée la confusion entre la réalité (l’objet) et sa représentation (la toile), puisque les deux sont amalgamés.

  Arman va se mettre peu à peu à accumuler les objets à des fins artistiques. C’est ainsi qu’il organise, en 1960, l’exposition « le plein » en réponse à l’exposition du « vide » d’Yves Klein. Cette exposition consiste en l’accumulation de détritus afin de transformer la galerie en véritable poubelle géante.  

L’artiste accumule également certains déchets dans des contenants en plexiglas. Il met ainsi des détritus  en vitrine, comme si l’envers du décor se retrouvait soudainement sous les feux des projecteurs. Avec un peu d’imagination, ces œuvres pourraient presque avoir une dimension archéologique et un rôle historique, tant ces amoncèlements d’ordures laissent souvent apparaitre des noms de marques et des étiquettes de produits, symbolisant une époque et une période de l’Histoire.

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Le créateur constitue même des portraits en se servant uniquement d’objets ou de détritus appartenant à la personne que l’artiste souhaite représenter. Un violon, une perruque blanche, et on pense à Mozart évidemment. Il joue sur les symboles et représentations à travers les objets qui viennent ainsi incarner  un personnage. Le portrait n’est pas réalisé pour ce que la personne était, mais pour ce qu’elle possédait.

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Les accumulations d’objets, dans la plupart des cas similaires, représentent d’une certaine façon la consommation de masse qui symbolise une époque. Elles rappellent aussi que l’homme  est un consommateur qui existe à travers et par l’objet.

accumulation-arman.jpgDans certaines de ses œuvres, Arman détruit les objets par des colères souvent violentes, ou par des découpes beaucoup plus réfléchies. L'artiste va au delà de l'illusion crée par les objets, qui s'offrent ainsi à nous et nous rappellent que consommer, c’est détruire. On peut aussi y voir une allégorie du temps qui passe.

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En amalgamant certains objets dans des matières telles le béton et en calcinant intégralement certains d’entre eux, l’artiste crée une sorte d’allégorie pompéiste. Il vient ainsi sacraliser l’objet et l’immortaliser, évoquant alors un processus de fossilisation.

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 Arman, durant toute sa vie a développé plusieurs processus de création autour des objets, dont l’accumulation, la destruction et le découpage. Il fini néanmoins par les transcender en accélérant leur processus de vie, les rendant ainsi éternels à la façon de Pompei. L’artiste dénonce à la fois la dimension matérialiste de nos vies en accumulant et détruisant les objets, mais nous rappelle aussi qu’après notre mort, ces derniers subsistent. Arman n’aurait il pas crée, en quelque sorte,  les « Vanités contemporaines » ?

 

 

  

Par Romain - Publié dans : Art - Communauté : Promenade à Paris.
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Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 23:13

La charité est une volonté de l’homme à faire le bien de son prochain, inspirée par la vertu d’amour du prochain. La charité est l’un des trois piliers du christianisme avec la foi et l’espérance. Cette vertu théologale est considérée comme une qualité surnaturelle donnée directement par dieu.  Elle est un acte d’amour, introduit au moyen âge par les Pères de l’Eglise. La charité se veut désintéressée et se traduit par un acte de bienfaisance, l’aumône, ou prend la forme de dons.

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Le peintre français, de style académique, William Bouguereau (1825-1905) a souvent représenté l’allégorie de la Charité dans ses peintures.

L’allégorie de la Charité, dans la tradition, est représentée par une mère allaitant ses enfants. Mère nourricière, elle prodigue l’essentiel pour la vie à ses enfants, ou devrais-je dire, à la survie de ces êtres inaptes à répondre au besoin primaire d’alimentation par eux-mêmes.

La mère représentée dans la toile du peintre, fait preuve de sagesse, d’abnégation et de don de soi. Elle adopte une posture de quasi méditation dans laquelle elle s’oublie, par amour pour ses progénitures. Elle incarne à la perfection l’idée d’amour de son prochain, valeur chère au christianisme.

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Dans nos sociétés modernes, et notamment en France, la charité et la philanthropie jouent un rôle important. Cela est d’autant plus vrai que ni l’économie de marché,  qui prend sa source dans un fonctionnement Darwiniste prônant la sélection naturelle, à savoir l’élimination des espèces faibles par les fortes, ni les gouvernements, ne suffisent à  répondre aux besoins primaires de toute les populations.

L’Eglise se veut d’être un modèle de charité, mais l’Etat ayant en partie coupé la tête de celle-ci en favorisant le développement de la laïcité, participe au déclin de la chrétienté et des valeurs qui vont avec.

Afin de réduire les inégalités au niveau planétaire,  de nombreuses structures associatives, parmi lesquelles des ONG (organisations non gouvernementales) tentent de susciter la générosité des donateurs et ainsi d’éveiller la charité qui sommeille dans chaque individu. Et qu’elles se veulent religieuses ou non, ces organisations lèvent des fonds grâce à la charité des gens, vertu qui historiquement a pris sa source dans la chrétienté pour ce qui est de l’occident. Rendons à Jésus ce qui appartient à Jésus.

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Si, dans la tradition iconographique, la mère allaitant ses enfants symbolise la charité, est-il tout à fait anodin que les mamans, dans nos sociétés modernes, nourrissent de plus en plus les nouveaux nés au biberon ? La mère vient ainsi mettre une séparation entre elle et son enfant, par l’objet, qu’est le biberon, symbolisant si bien la dimension matérialiste du monde de consommation dans lequel on vit. Bien entendu, en aucun cas je prends position pour l'alaitement au sein, et je fais là simplement une interprétation et analyse de la symbolique.

Les objets sont d’ailleurs devenus l’une des principales sources d’inspiration de nos artistes contemporains.

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La photo de cette femme Africaine allaitant son enfant dénote avec l’alimentation par le biberon de nos mamans occidentales. Cela nous rappelle aussi que la charité est une vertu appartenant à l’homme quelque soit son environnement et son niveau de richesse, et que celle-ci ne doit pas apparaitre seulement une fois tous les besoins de la pyramide de Maslow comblés, comme c’est trop souvent le cas dans notre société où la dimension matérielle a pris le pas sur le spirituel.

 

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Par Romain - Publié dans : Art - Communauté : Tel est le monde !
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