Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 22:42

 

Parce que l’Art nous raconte l’Histoire, nous allons nous plonger dans le rêve américain et toucher l’envers du décor de celui-ci à travers l’actualité artistique du moment.

Le centre Pompidou, courant 2010, proposait une exposition intitulée « Dreamland » (pays du rêve). L’exposition portait le nom d’un parc d’attraction américain qui vit le jour en 1904. On y découvrait notamment l’évolution du paysage urbain et l’origine de ses modifications inspirées de parcs d’attractions et d’expositions universelles. Cette notion de rêve, incarnée par les parcs d’attractions et expositions universelles, s’est peu à peu immiscée dans la réalité des gens en s’invitant dans nos lieux de vie de prédilection, à nous les humains : les villes.

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Alors que nous pouvons lire sur les billets d’un dollar « In God we trust », Las Vegas qui symbolise à merveille la ville « attraction », est appelée la ville du vice. Elle est un lieu où les concepts de spiritualité et religion n’ont pas leurs entrées, la morale est l’ennemi de la ville. Les casinos poussent comme les églises poussaient au moyen âge. L’idée de jeu d’argent derrière ces édifices aussi magiques qu’illusoires que sont les casinos, font penser que l’argent et la vie sont faciles et que, par conséquent, aussi bien l’un que l’autre n’ont plus de valeur. Quoi de plus symbolique qu’une machine à sous pour incarner l’illusion que l’argent fait le bonheur, et que celui-ci est facile à obtenir ? Véritable distributeur automatique de bonheur en barre dans un monde où le matériel devient finalité, le Casino connait un succès incroyable à Las Vegas, qui détourne symboles et valeurs morales pour créer un lieu aussi magique qu’irrationnel.

Las Vegas, produit d’une Amérique aux ambitions sans limites, va plus loin dans l’illusion. Ville née en plein cœur du néant, elle pille les identités culturelles des pays qui composent la planète pour se créer une identité hybride et joue ainsi avec les repères culturels.  C’est de ce copier-coller que naitra cet espace à la frontière du réel ou l’on peut voir la tour Eiffel côtoyer les pyramides d’Egypte. L’Amérique et sa folie des grandeurs parvient  à créer du grandiose à partir de rien. Tel un mirage, Las Vegas incarnant ce rêve américain prend forme au milieu d’un désert.

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Cette idée de rêve américain ou l’on peut partir de rien et atteindre les sommets, est aussi incarné par le destin du jeune peintre prodige, Jean Michel Basquiat à qui le musée d’Art Moderne de Paris rend un bel hommage. Jean-Michel Basquiat, né en 1960 à New York d’un père haïtien et d’une mère portoricaine, marqua l’histoire de l’Art en l’espace de huit ans. Tel un grand roi, il fût couronné de gloire de son vivant et grava de son génie le marbre de l’Histoire, au moins celui de l’Art.

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Il  fut rapidement propulsé au rang des grands artistes de son époque après avoir, durant un temps, tagué les murs de la ville et vendu des cartes postales issues de sa création. Celui là même qui, à ses débuts, vécu dans la rue avec presque rien se retrouva sur le devant de la scène artistique en un rien de temps. Véritable produit de son époque, il était très influencé par la TV, la publicité, les bandes dessinés  et l’univers de consommation, omniprésents au sortir des trente glorieuses qui l’ont vu naitre et grandir.

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Basquiat, génie de la peinture et prophète de son temps, alors devenu très riche, véritable étoile filante dans l’histoire de l’Art, mourut d’une overdose à l’âge de 27 ans. Après être passé de l’ombre à la lumière et de la lumière à l’obscurité le temps d’une courte vie,  il continue d’illuminer le monde de l’Art grâce à ses œuvres incroyablement mystérieuses et profondes. Son œuvre intemporelle continuera pendant longtemps d’illustrer le grand, doux et parfois cruel rêve américain.

Ce formidable terrain de jeu que propose l’Amérique à ses citoyens permet des libertés, telles que chacun peut monter dans ce formidable ascenseur qu’est le rêve américain, et ainsi rejoindre des cieux aussi hauts et vertigineux que le sont les ambitions de ce pays, mais qui a également sa part de noirceur et ses effets pervers.

Ce sont certaines dérives de cette société de tous les paradoxes qui sont mises en avant à travers l’exposition sur Larry Clark, qui se tient en ce moment même au musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Larry Clark, né le 19 janvier 1943 à Tulsa aux Etats-Unis, est photographe et réalisateur.

Ses séries de photos mettent en évidence cette perte de repère de la jeunesse américaine et les dérives que cela engendre.

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Dans un univers de grande liberté où les limites ne sont plus, on y voit notamment le quotidien de jeunes américains en perte d’identité qui, dans une société de tout les possibles, testent leurs limites en expérimentant notamment drogues et armes à feu. Dans un monde où tout est devenu possible et réalisable, la jeunesse  se perd dans  l’immense étendue de ses libertés et plonge dans le désarroi que les Etats-Unis, leur propre père, se refuse à voir.

 

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Le rêve américain tel un mirage que tout le monde désire attraper, véritable moteur de ce pays que sont les Etats unis, pose les bases d’une nation qui tend à assurer la liberté de ses citoyens où chacun est maitre de ses rêves et de son destin. Et parce qu’il n’y a pas de rêves sans désillusions, pas de libertés sans excès,  l’Amérique paye chaque jour à travers ses dérives, la rançon de sa gloire.

Pour une analyse complète:

de l'exposition "Basquiat": basquiat 1

 

de l'exposition "Dreamland": lexpo-semaine-dreamlands-parcs-dattractions-c-L-1

Par Romain - Publié dans : Art - Communauté : Promenade à Paris.
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