Mercredi 20 octobre 3 20 /10 /Oct 22:50

L’artiste Niçois Arman (1928-2005) a marqué l’Histoire de l’Art du XX eme siècle. Celui qui choisit son prénom pour signer ses œuvres, en hommage à Van Gogh qui signait les siennes de son prénom « Vincent »,  est actuellement à l’affiche du Centre Pompidou qui rend hommage à l’artiste à travers une rétrospective de grande qualité.

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D'inspiration  dadaïste,  Arman dans sa jeunesse fréquente plusieurs jeunes artistes, et notamment Yves Klein. Son approche de l’Art est à la fois philosophique et spirituelle.  Il fait partie des artistes qui peuvent être associés à ce glissement qui s’opéra dans l’Art d’après guerre entre l’Art Moderne et l’Art Contemporain. Ce dernier, sous l’impulsion de différents mouvements artistiques dont le dadaïsme, se veut être une rupture avec la tradition et les conventions dans l’Art. Désormais l’esthétisme n’est plus forcément au centre de l’œuvre.

Arman réalise plusieurs œuvres dans lesquelles apparaissent des traces de tampons; tampons à l’aide desquels il applique la peinture sur la toile. Il marque ici une rupture avec l’outil traditionnellement utilisé en peinture qu’est le pinceau. 

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L’objet, après avoir servi à l’artiste à peindre, est peu à peu intégré dans ses toiles en tant que matière. Les objets, qui servaient habituellement de modèles pour la peinture, se retrouvent directement intégrés dans les oeuvres d'Arman. Ce procédé crée la confusion entre la réalité (l’objet) et sa représentation (la toile), puisque les deux sont amalgamés.

  Arman va se mettre peu à peu à accumuler les objets à des fins artistiques. C’est ainsi qu’il organise, en 1960, l’exposition « le plein » en réponse à l’exposition du « vide » d’Yves Klein. Cette exposition consiste en l’accumulation de détritus afin de transformer la galerie en véritable poubelle géante.  

L’artiste accumule également certains déchets dans des contenants en plexiglas. Il met ainsi des détritus  en vitrine, comme si l’envers du décor se retrouvait soudainement sous les feux des projecteurs. Avec un peu d’imagination, ces œuvres pourraient presque avoir une dimension archéologique et un rôle historique, tant ces amoncèlements d’ordures laissent souvent apparaitre des noms de marques et des étiquettes de produits, symbolisant une époque et une période de l’Histoire.

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Le créateur constitue même des portraits en se servant uniquement d’objets ou de détritus appartenant à la personne que l’artiste souhaite représenter. Un violon, une perruque blanche, et on pense à Mozart évidemment. Il joue sur les symboles et représentations à travers les objets qui viennent ainsi incarner  un personnage. Le portrait n’est pas réalisé pour ce que la personne était, mais pour ce qu’elle possédait.

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Les accumulations d’objets, dans la plupart des cas similaires, représentent d’une certaine façon la consommation de masse qui symbolise une époque. Elles rappellent aussi que l’homme  est un consommateur qui existe à travers et par l’objet.

accumulation-arman.jpgDans certaines de ses œuvres, Arman détruit les objets par des colères souvent violentes, ou par des découpes beaucoup plus réfléchies. L'artiste va au delà de l'illusion crée par les objets, qui s'offrent ainsi à nous et nous rappellent que consommer, c’est détruire. On peut aussi y voir une allégorie du temps qui passe.

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En amalgamant certains objets dans des matières telles le béton et en calcinant intégralement certains d’entre eux, l’artiste crée une sorte d’allégorie pompéiste. Il vient ainsi sacraliser l’objet et l’immortaliser, évoquant alors un processus de fossilisation.

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 Arman, durant toute sa vie a développé plusieurs processus de création autour des objets, dont l’accumulation, la destruction et le découpage. Il fini néanmoins par les transcender en accélérant leur processus de vie, les rendant ainsi éternels à la façon de Pompei. L’artiste dénonce à la fois la dimension matérialiste de nos vies en accumulant et détruisant les objets, mais nous rappelle aussi qu’après notre mort, ces derniers subsistent. Arman n’aurait il pas crée, en quelque sorte,  les « Vanités contemporaines » ?

 

 

  

Par Romain - Publié dans : Art - Communauté : Promenade à Paris.
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